KINTSUKUROI (2018)

Description

Durée : 1h

Lieu

Galerie de l’Arlequin, extérieur, chorégraphie adaptée aux spécificités des lieux d’accueil, reproductibles dans d’autres espaces.

Commande

spectacle cloture de la semaine pour la non violence

Spectateurs environ 500

Distribution

Idée originale Rachel MARTIN

Danseurs

ASTIER Lucie (danse aérienne)
AYMOZ Stan (highkline)
ECHALLIER Anaëlle (danse aérienne)
RAHMOUNI Farid (danse aérienne)

Technique

Fabien LA SALA (riggeur)
Frederic DUTERTRE (création musicale)

Danseurs amateurs

12 danseurs de Abada CAPOERA, groupe de capoera de la villeneuve

Description du projet

Kintsukuroi est une technique japonaise qui consiste à réparer les bols de céramique brisés par des jointures en or. Les failles deviennent d’autant plus visibles qu’elles sont mises en exergue par les dorures. 

La proposition artistique s’inspire de cette technique, et de la philosophie qui la sous-tend : celle de réparer plutôt que de jeter, celle de composer avec le vécu et les vicissitudes de chaque individu.

Ici, comment un individu brisé se reconstruit, compose avec ses failles et réussi à trouver un chemin d’évolution constructif, même après un choc ou une rupture. Cette transformation passe par l’espace aérien.

Les murs frontières deviennent murs supports, les espaces clos deviennent espaces de traverse.

Cette création in situ met en valeur les architectures de la galerie de l’arlequin, qui fait partie de l’ensemble architectural caractéristique de la Villeneuve, Grenoble.

Quatre danseurs professionnels évoluent au sol, sur façade et en suspension. La création fait aussi intervenir un groupe de capoera local, complètement intégré au dispositif scénique et au déroulé. La dernière image laissera le spectateur rêveur : un homme marche vers un autre avenir, il marche d’un pas lent et déterminé d’une tour à l’autre, à plus de 25m du sol.

Répétitions

le mot de la chorégraphe sur le processus de travail

Ce spectacle a été une aventure collective intense qui a embarqué tout un tas de personnes et partenaires sans qui ce projet n’aurait pas pu exister. Depuis son idéation jusqu’à sa cloture, il y a eu des tas de freins et d’embuches qui auraient pu présager d’une impossibilité. J’ai eu une sensation de petite victoire à chaque étape surmontée : autorisation d’ancrage pénible à obtenir, accès aux toits compliqué, lutte pour trouver des financements, recherche d’une source d’électricité pour les lumières et le son, interdiction de répéter une journée de mariage, impossibilité d’enlever les voitures parqués sur l’espace de jeu … pour ne citer que les certaines d’entres elles. On a réussi collectivement à lever tous les leviers, un vrai challenge, et cela essentiellement grâce aux partenaires du terrain qui connaissent les personnes, les groupes, les relations, les façons de faire de ce lieu.

Pour l’équipe des danseurs, la rencontre avec les habitants a été vraiment très chaleureuse, l’accueil des structures partenaires également. Vivre dans le quartier pendant une semaine nous a permis de partager leur quotidien depuis très tôt le matin jusqu’à très tard le soir. Je remercie tous les habitants pour leur accueil et leur gentillesse.
Dès les premières répétitions, le travail de la compagnie a gagné le respect des habitants, quelque soit leur âge, leur sexe ou leur occupation. Les enfants avaient des étoiles dans les yeux, et dansaient en nous regardant, les familles applaudissaient au balcon après chaque répétition. Les jeunes et adolescents voulaient essayer la suspension, l’épreuve du vide, se mettre en risque, défier leur quotidien. Sans doute la highline, par son aspect spectaculaire et engageant a fait son effet en inspirant courage et désir de dépassement de soi.

Ce spectacle est historique, dans le sens où c’est la première fois que la danse verticale et la highline fut proposée en spectacle à Grenoble. Apporter ces disciplines dans ce quartier aux contextes de vie difficiles est à la fois une réussite et une fierté. Le quartier est devenu, le temps du spectacle, un centre d’attractivité, attirant curieux et amoureux de la hauteur, de la montagne, ou de la danse en extérieur. Des spectateurs du centre-ville ou d’ailleurs qui d’habitude ne viennent jamais dans ce quartier se sont déplacés pour voir le spectacle. C’était remarquable. Cela a crée une vraie mixité paisible au sein du public, chose très rare, et à mon sens des plus précieuses et qui va dans le sens de construire la paix.

Ce spectacle a été une belle aventure. Notre présence a provoqué des désirs, des rencontres, des surprises, du collectif, des rires, du partage, de la joie. Je ressens qu’il a aussi redonné un peu de fierté aux habitants du ce quartier. Jamais auparavant sur Grenoble, une slackline n’avait été tendue… et si grande, si haute…

Rachel

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