Le travail de création s'est articulé autour de la tension entre finitude du vivant et éternité numérique, et sur la tension entre matérialité et virtualité. Deux formes artistiques en sont sorties : un spectacle vivant, et une installation interactive, reliées l'une à l'autre mais qui peuvent aussi jouer de façon disjointe.
La création Kinesphère 8.1 traite le sujet de l’impact du numérique dans nos vies. La quête d’éternel, de connaissance et de maîtrise du vivant sont largement antérieures à l’ère de l’informatique du 21ème. Ces quêtes sont présentes dans nos récits, nos religions, nos mythes, et ont conduit nos structurations sociale actuelles modernes autour des sciences, du progrès et de l’innovation. Ce qui est nouveau avec les nouvelles technologies numériques, c’est qu’on dépasse les promesses et les fantasmes, notamment sur ce qui touche les capacités de mémoire, d’explication causale, d’observation et de mesure, et enfin celles de modélisation et de prédiction, anticipation, planification, cela grâce à la puissance de calcul. En parallèle s’observent la fragmentation de nos identités, la multiplication de nos artefacts, et le prolongement de nos mémoires au delà de notre passage sur terre.
Les deux formes artistiques sont complémentaires, un peu comme le ying et le yang. L’une à dominante vivante et humaniste, l’autre à dominante matérielle et numérique, chacune intégrant en son seing un peu de l’autre monde qui lui est opposé. Le spectacle vivant, qui se joue en extérieur, intègre des capteurs numériques et utilise les technologies du direct pour la création sonore live. L’installation numérique, qui prend place en intérieur, est un dispositif qui joue en continue et qui propose des modulations par l’interaction avec le spect-acteur qui vient modifier par sa seule présence, le contenu projeté.
- SPECTACLE compilant danse, suspension, technologies à base de mesure de mouvement (IoT-IMU) et agrès icosaédrique rappelant la théorie mathématique du mouvement développé par LABAN. Thématique : mémoires, tension entre matériel/immatériel, vivant/non-vivant.
- INSTALLATION NUMERIQUE INTERACTIVE, basée sur la technologie dite CAPACITIVE (variation du champ électrostatique d’un objet, relative à la distance de la personne à l’objet). Thématique : lien entre objet « inerte » et objet vivant, variation infime à l’échelle humaine, variation capitale pour l’objet, l’environnement.
SPECTACLE – 35 mn +/-5mn – extérieur (click pour détails)
Création 2024 – Kinesphère 8.1
Type : Solo chorégraphique (aérien et structure) dans l’espace public.
Durée : 35mn +/- 5mn selon hauteur mur.
Dispositif : 1 interprète, plusieurs Objets connectés, 1 agrès
– une danseuse circassienne
– un objet agrès : sphère icosaédrique de 3m de diamètre en métal
– des objets connetés à l’aide de capteurs de mouvements qui produisent du son en direct. Les capteurs du mouvements sont disposés respectivement sur la sphère et sur le corps de l’interprète.
Synopsis (dystopie) La dernière représentante des « Nôus » porte une responsabilité titanesque ; finaliser le projet de sa lignée, et atteindre enfin la connaissance totale et absolue. Sa tâche consiste à collecter les dernières « observables » du monde encore non assimilées par la machine à connaitre. Ces zones d’ombre que la machine saura transformer en clarté. S’ouvrira alors une autre dimension d’existence pour toute sa lignée, immatérielle et éternelle, signature du basculement vers l’ère de la singularité. Mais… un incident vient perturber la capture des dernières données….
Technologie convoquées : mesure du mouvement (de la rotation, vitesse, accélération, quantité de mouvement, orientation) grâce à des capteurs nano type IMU. Interaction en temps réel.
Disciplines corporelles convoquées : danse contemporaine, cirque aérien, danse verticale
Agrès et scénographie : la kinesphère, icosaèdre régulier à 20 face trianglulaires de dimesion 3m de diamètre.
INSTALLATION – continu – intérieur (click pour détails)
Durée
durée : infinie, vidéo qui tourne en boucle. Des recalibrages sont nécessaires, toutes les 15mn environ, relative à la technologie utilisée.
Dispositif : projections vidéos interactives sur 2 ou 3 faces murales pour une immersion du corps-spectateur dans l’image. Un objet de forme icosaèdrique (mini kinesphère) est suspendue au milieu de la pièce, et flotte à hauteur des yeux.
Mécanisme interactif
le contenu des projections vidéos sur grands écrans (immersif 2 ou 3 faces) sont déformées, comme altérées, en temps réel en fonction du degrès d’interaction (proximité) qu’à le spectateur avec une mini kinesphère (agrès icosaèdrique de 60 cm de diamètre), suspendue au milieu de la pièce
Synopsis : A l’ecran
Un corps se meut de façon continue, sans objectif apparent, comme cherchant une bonne position de repos, sans jamais la trouver. Il n’y a pas de début ni de fin. Sans être énoncé tel quel, l’imagerie appelle à ce que vit Sisyphe en enfer (mythe de Sisyphe, châtié, poussant sa pierre à l’infini, puni d’avoir défié les dieux et la mort). Les mouvements opèrent un renversement tel que la gravité terrestre semble disparue, donnant à ressentir un espace temps modifié qui suspend encore plus la scène dans un sentiment d’immuabilité et de stabilité profonde.
Technologie convoquée : variation capacitive de la mini-sphère par l’interaction directe et indirecte (sensible à la proximité) des spect-acteurs.
Disciplines corporelles convoquées : danse contemporaine, acrobatie et contorsion
EQUIPE ARTISTIQUE
Rachel MARTIN
Autrice, Danse, Suspension
En 2021, la scène nationale Arts-Science de l’Hexagone à Meylan m’invite à travailler sur la thématique de l’immersion, à travers un dispositif de projection vidéo 4 murs dans un espace carré clos, Ce dispositif invite à plonger un corps dansant dans dans un espace de projections visuelles. Pourtant, je fais le choix dès le départ de m’affranchir de l’image.
Je souhaite traiter le sujet de l’immersion numérique : l’invasion de la mesure, l’incontournabilité de la données, l’obsession de l’IA… Cette résidence est l’occasion de questionner ce que la mesure peut provoquer dans notre rapport à l’altérité et le rapport à nous même, et en l’occurence pour le corps du danseur. Le corps du danseur sera donc doté de capteur de mouvement, permettant de produire des sonorité en direct. La question qui sous tend ce dispositif est la suivante : « Peut on capturer l’expérience du corps par des mesures physiques ? » Jusqu’où l’outil de mesure incite à nous agir, nous mouvoir… Quelle relation entretenons nous avec l’espace-temps immédiat dès lors qu’une capture qui fige le temps s’invite au présent (photographie du corps dansant).
A travers cette création, je retrouve le sol et une proximité volontaire au spectateur. Le lien entre questionnement physique, scientifique, esthétique, et philosophique vient nourrir ce travail assez particulier dans son approche pluridisciplinaire.
Yoan RICHARD
Musicien, Compositeur MAO
Acteur de la scène électronique Grenobloise, je m’investis aujourd’hui en tant qu’artiste au sein des labels Hadra, ADN Music et de Mixart avec mes projets solo « YoY-Project » et récemment « Altered Brother » ainsi qu’avec mon duo « Aora Paradox ». Je participe également à un collectif d’artiste pour la musique à l’image. Parallèlement à la Musique Assistée par Ordinateur, je pratique la guitare.
« Ce projet Kinesphère 8.0 est pour moi l’occasion de repousser les limites de mon champ de compétence en amenant la technologie (notamment les capteurs) au cœur de la création, avec l’apprentissage des logiciels MAX DSP et Max for Live, afin de développer une méthodologie de sonification du geste unique et originale.«
Adrien BARDET
Vidéaste, interaction Temps réel
Artiste vidéo de la scène grenobloise,
« En écho à la partie performance de la pièce, Adrien développe une installation basée sur la présence et le mouvement autour d’une kinésphère. Celle-ci invite le public à interagir et à transformer des projections vidéos de la danseuse. En son centre, l’installation comporte une kinésphère métallique suspendue. Derrière, une structure de projection fait face à l’objet et au public.
Équipée d’un capteur, la kinésphère agit comme une antenne capable d’interpréter la présence du public, son rapprochement et son touché. Envoyées en temps réel au logiciel Touchdesigner, les données traitées modifient des attributs de la vidéo mappée, y ajoutent des effets cinétiques et génératifs. En s’appropriant l’objet et les visuels, le public devient alors acteur.ice de la pièce.«
INTERVIEW du processus de création – Experimenta 2022
PRODUCTION / COLLABORATION et RENCONTRES pour la création
Partenaires
La compagnie a été accueillie en résidence Arts-Science entre 2021 et 2024 via le théâtre Hexagone scène nationale de Meylan, et l’atelier Arts Science.
Une première étape de travail a été présentée à la biennale Experimenta 2022 sur Grenoble.
Structures
StartUps / Entreprises
Personnes
Andrea GIOMI, Chercheur « son-mouvement »
David CHANNEL, Theoriz Studio











